Saint-Georges-de-Didonne : un voyage dans les camps à l’américaine

On attendait ce moment depuis des lustres. En tenue de soldat et coiffé de sa casquette de Président du Memory Atlantic Group, Marcel Brossard est comme un gosse devant son jouet. Comblé. Le regard pétillant. Incollable aussi : « Ça, c’est du Glenn Miller ! Tous les soldats américains écoutaient ses tubes dans les années 40 ». Avant même de pénétrer dans le camp reconstitué, le doux parfum de la sonorité jazzy résonne tout autour des jardins du phare de Vallières. Des jardins réquisitionnés, le temps de ce long week-end (1), pour abriter ce qui ressemble, peu ou prou, à un village. Version militaire.

Des tentes et une trentaine de véhicules d’époque sont là pour planter le décor, minutieusement installé par le Memory Atlantic Group. Un comité de passionnés de la guerre 39-45. Ils sont une quarantaine à travers les Deux Charentes. Tous venus jouer les figurants en tenue d’époque pour narrer la vie des GI, ces soldats américains appelés à combattre l’ennemi allemand. Et plus précisément leur vie dans les camps. Un pan de la guerre méconnu en France.

Un espace de distraction

« On ne rentrait pas comme ça. Il fallait un laisser-passer et un motif précis », raconte Lionel.  Son ami Claude, 87 ans et doyen de l’association, a réussi à se frayer un chemin à l’époque : « Je leur servais de l’essence. Ils étaient contents de voir des Français. Je circulais comme à la maison et je m’habillais même en américain. Il n’y avait jamais d’animosité. »

Décontractée l’ambiance dans un camp américain ? « Totalement, répond sans hésiter Marcel Brossard. Les soldats écrivaient, lisaient, mangeaient et s’amusaient surtout. » Des soupapes indispensables pour « oublier les horreurs de la guerre », poursuit l’un de ses acolytes : « Il n’y avait pas de soutien psychologique. Les loisirs étaient extrêmement importants. Les américains se détendaient dans les camps, comme de grands enfants. »

Il y avait ceux qui préféraient se vider la tête une batte de baseball à la main ou au détour d’une partie de football américain. Ceux qui se défoulaient en enfilant des gants de boxe. Et ceux qui s’en remettaient plutôt aux échecs et aux jeux de carte pour laisser de côté, quelques instants, leurs tracas quotidiens.

Des objets de collection par dizaines

Pour favoriser au mieux la sensation d’immersion dans le camp, le Memory Atlantic Group présente au grand air ses collections. Outre les véhicules, est exposé tout le matériel et l’attirail d’un parfait soldat américain. « Un paquetage de 35 kilos par personne, sans compter les armes et les munitions. On y trouve des vêtements, une brosse à dents, un masque à gaz…» Il faut au moins trois minutes à Florentin pour faire la liste complète. Du haut de ses 17 ans, ce jeune féru d’histoire, collectionneur invétéré, écume les brocantes et les sites spécialisés sur internet depuis quatre ans.

A ses côtés, un étudiant fraîchement diplômé en armurerie, spécialiste en fusils mitrailleurs d’époque. Et un amateur de télécommunications, acquéreur d’un central téléphonique, de radios et autres machines à écrire. « Tous des mordus ! », se félicite Jean-Claude, pilier de l’association, soucieux de transmettre le devoir de mémoire aux plus jeunes. La génération qui sera bientôt en première ligne pour organiser les futures commémorations.

Pour marque-pages : Permaliens.

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